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Escapade

La belle qui n’en a pas l’air

La Chaux-de-Fonds se rêve en capitale culturelle suisse. Une jolie façon de mettre en avant la richesse culturelle locale et de valoriser les nombreuses facettes de la métropole horlogère.

Texte Pierre Wuthrich
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Ville en damier, La Chaux-de-Fonds peut paraître austère. Elle recèle pourtant de nombreux trésors derrières ses façades (photo: Aline Henchoz).

La Chaux-de-Fonds pourrait bien devenir la première capitale culturelle de la Suisse en 2025. «L’idée est de rendre la culture plus ouverte, de décloisonner les habitudes artistiques et de permettre aux Suisses ainsi qu’aux visiteurs étrangers de découvrir la région de La Chaux-de-Fonds, le tout via des manifestations encore à définir et en intégrant le plus de monde possible, habitants y compris», résume Olivier Schinz, en charge du projet auprès de la métropole horlogère. Avant cela, un financement doit être encore avalisé par les autorités communales et cantonales et une demande officiellement déposée auprès de l’association Capitale culturelle suisse. «Cela devrait encore se faire cette année, et nous espérons pouvoir décrocher le titre l’an prochain.» Si tout se passe comme prévu, La Chaux-de-Fonds deviendra donc en 2025 le centre culturel du pays,le temps d’une année extraordinaire. 

«2025 n’est toutefois pas l’aboutissement de la démarche, précise Olivier Schinz. Celle-ci s’inscrit dans un mouvement plus large de valorisation urbaine, qui doit donner un souffle nouveau et durable à la ville et changer le regard que l’on peut avoir sur la cité grâce à une mise en valeur de ses atouts.» Et ils sont nombreux. Car outre l’urbanisme horloger inscrit à l’Unesco – qui se présente dans un espace d’exposition gratuit et à travers son damier de rues – et outre les premières maisons de Le Corbusier, la ville séduit celui qui sait prendre le temps de la découvrir. Pas convaincu? Olivier Schinz distille ici quelques bons plans qui devraient faire changer d’avis les hésitants.

1. A la découverte des bijoux cachés

«La Chaux-de-Fonds recèle bien des trésors, mais ils sont souvent cachés derrière des façades grises et ternes. C’est le cas par exemple de l’Ancien Manège qui abrite une magnifique cour intérieure», dévoile Olivier Schinz. On peut donc facilement passer devant sans s’en apercevoir. «En prenant part à une visite guidée, vous pourrez entrer dans des maisons d’habitation aux cages d’escalier somptueuses et aux incroyables fresques et moulures.» Les curieux opteront ici pour la visite axée sur l’Art nouveau, magnifiquement représenté à La Chaux-de-Fonds au point que la ville assure en être la capitale suisse. Ce parcours permet notamment de pénétrer dans l’appartement de Rodolphe Spillmann, un riche fabricant de boîtes de montres, et dont le salon bleu aux superbes vitraux constitue une œuvre d’art totale. À noter qu’une visite dédiée uniquement à ce bijou peut être également réservée.

Une autre balade est à tester également: «L’artiste Camille Mermet a imaginé une visite audio-guidée qui porte un ­regard poétique et décalé sur la ville.» Baptisé «La troisième vérité», le cheminement mélange les codes de la fiction et de la réalité, histoire de ne plus jamais voir La Chaux-de-Fonds comme avant.

2. Marcher avec les abeilles

Si La Chaux-de-Fonds est une véritable ville par sa taille, la ­nature n’est jamais bien loin et ­mérite qu’on aille l’explorer. «Les sept sentiers balisés de l’association ‹Les Chemins des 7 abeilles› permettent de découvrir les paysages du Jura neuchâtelois tout en offrant de beaux points de vue sur la cité», résume Olivier Schinz. En empruntant par exemple le chemin de l’abeille marron, le marcheur pourra saisir d’un coup d’œil l’ensemble du damier urbain, tout en traversant des pâturages délimités par les typiques murs de pierres sèches. Cerise sur le gâteau: ce parcours passe par la ferme des Brandt, une sublime bâtisse du XVIIe siècle à la façade Renaissance et dont le restaurant est connu loin à la ronde pour son ­cochon de lait à la bière des Franches-Montagnes. 

De longueurs et de difficultés variables, les sentiers présentent tous le même avantage: «Les départs et arrivées de chaque chemin sont reliés au réseau des transports publics.»

La Chaux-de-Fonds en images

3. A l’abattoir!

Construits au tout début du XXe siècle à l’écart de la ville, les abattoirs de La Chaux-de-Fonds forment un ensemble majestueux avec leurs deux pavillons à tourelles marquant l’entrée et leur longue halle dotée d’une grande verrière. Ils surprennent aussi par leur taille. «Ils ont été pensés pour une ville de 90 000 habitants», commente Olivier Schinz, alors que la métropole horlogère n’a ­jamais dépassé les 45 000 âmes… Aujourd’hui désaffecté, le site – qui est inscrit sur la liste des biens culturels d’importance nationale – accueille désormais un centre d’art contemporain, Quartier Général (QG), qui soutient la création suisse et internationale. «Les anciens abattoirs pourraient devenir l’un des centres de notre projet de capitale culturelle suisse en 2025.»

4. Le Muzoo montre son museau

«Le Muzoo plaira assurément aux familles.» Le Muzoo? «Il s’agit du nouveau pôle animalier regroupant le zoo du Bois du Petit-Château et le Musée d’histoire naturelle qui est en train d’y déménager.» Alors que le premier permet d’apercevoir de nombreuses espèces locales (lynx, daim, bouquetin, etc.), le second présentera à partir de la seconde partie de 2022 des centaines de mammifères et d’oiseaux naturalisés et abritera un vivarium pour les amateurs d’anaconda ou de gecko. «Une nouvelle place fait déjà le lien entre les deux institutions. Elle a été imaginée par le collectif Plonk & Replonk et a été baptisée Replat du Dahut, du nom de cet animal ima­ginaire. C’est assez représentatif de l’esprit de La Chaux-de-Fonds. On travaille ici avec sérieux, mais on aime bien l’humour.»

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