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Scoutisme

La grand messe des scouts

Ils sacrifient la moitié de leurs vacances, consacrent des heures à préparer l’événement ou veulent simplement vivre une expérience: cet été, ces scouts iront au camp fédéral à Conches (VS), une manifestation très attendue qui a lieu tous les quatorze ans.

Texte Rahel Schmucki
Photos Herbert Zimmermann, DR
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Angela Singer, 31 ans. Nom scout: Mango. Mission au camp fédéral: personnage d’aventure. Ça me rappelle les scouts: le pain perdu.

Pendant le camp fédéral, les participants ont une mission: le monde inconnu de Mova, dans lequel vivent de nombreux animaux très différents, est divisé en sept continents. Les jeunes scouts Vinci, 13 ans, et Tarantula, 11 ans, ont découvert ce monde par hasard et veulent maintenant venir en aide à ces animaux avec les 30 000 scouts présents sur place. Bien entendu, cette histoire nécessite la présence des deux personnages principaux sur le lieu de camp. Angela Singer, 31 ans, joue le rôle de la scoute Vinci et accompagne les scouts dans leur aventure. Responsable marketing à Migros à la ville, Angela Singer y consacre la moitié de ses vacances, soit deux semaines et demie. 

Depuis qu’elle a 7 ans, elle est dans la forêt tous les samedis. Le scoutisme a toujours été une partie importante de sa vie. «J’ai appris beaucoup de choses qui me servent encore aujourd’hui dans la vie. J’aimerais maintenant donner quelque chose en retour et contribuer à ce que le Mova soit une expérience unique pour tous les participants», explique-t-elle. Beaucoup de ses anciens amis seront également présents au camp et, avec 30 000 personnes réunies au même endroit, elle nouera quelques nouvelles amitiés. «Ce ne seront pas des vacances reposantes, mais certainement un moment où je peux oublier le bureau et mon quotidien. Je m’en réjouis énormément.»

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Yanick Stadler, 25 ans. Nom scout: Callafie. Mission au camp fédéral: contrôle de la sécurité des constructions du camp. Pour moi, le scoutisme, c’est: des chaussures de marche sales.

Dans presque tous les camps scouts, il y a une «sarrasine» au milieu des tentes de couchage marron. Ce chapiteau, haut de plusieurs mètres et construit à l’aide de troncs d’arbres et de bâches militaires, abrite les enfants et les jeunes lorsqu’il pleut ou que le soleil tape trop fort. Les sarrasines sont également incontournables au camp fédéral. Le grand camp est l’endroit idéal où les groupes scouts peuvent montrer ce dont ils sont capables. «Certains groupes prévoient de construire des tours de 10 mètres de haut. Un groupe veut accrocher sa tente de séjour sous un pont qui sera construit entre deux tours», explique Yanick Stadler, qui est responsable de la sécurité de ces constructions. 

Chaque groupe qui se rend au camp fédéral a dû envoyer un plan de construction de ces grandes tentes et tours à l’équipe de Yanick Stadler. Au cours des dernières semaines, le futur ingénieur en construction en bois a étudié environ 1400 plans, les a vérifiés et a demandé des améliorations en cas de doute. Une grande responsabilité pour un jeune de 25 ans. Depuis environ deux ans, lui et son équipe s’occupent bénévolement de la planification. Pour pouvoir assumer ses responsabilités au sein du camp, il a pris cinq semaines de congé sans solde. «Je trouve excitant de pouvoir combiner mon futur métier avec le scoutisme.»

Outre la sécurité, il convient de causer le moins de dommages possible à la nature. Par exemple, lorsque cela est possible, en fixant les bois avec des cordes au lieu de clous. «Je suis curieux de voir quels projets les groupes scouts vont mettre en œuvre. Je me réjouis en tout cas de découvrir un village de tentes et de vivre un camp inoubliable.»

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Nina Maeder, 29 ans. Nom scout: Silencia. Mission au camp fédéral: médecin urgentiste. Pour moi, le scoutisme, c’est:  «La fumée d’un feu de camp que l’on sent encore longtemps sur les vêtements. Chez nous, on appelle ça aussi le parfum scout.»

Blessures, coupures, difficultés respiratoires et éruptions cutanées font partie du quotidien de Nina Maeder. Cette jeune femme de 29 ans est médecin-assistante au service des urgences de l’hôpital Lindenhof à Berne et, pendant son temps libre, une scoute passionnée. Aussi, une chose était sûre: elle ne pouvait pas manquer le camp fédéral de 2022. 

Elle s’est donc renseignée sur la manière de participer à ce camp en tant que bénévole et a découvert l’hôpital du camp. «Pour une grande manifestation de 30 000 participants, auxquels s’ajoutent chaque jour quelque 7000 visiteurs, il faut une équipe sanitaire pour les cas d’urgence», explique Nina Maeder.

Le centre d’urgence sera installé sous une tente et offrira deux places de soins intensifs et vingt-deux places de soins normaux. L’équipe médicale y traite 24 heures sur 24, principalement des blessures mineures telles que les coupures, les coups de soleil ou les fractures. «Mais nous nous attendons aussi à des cas d’urgence plus importants.»

Pour assurer son poste au camp fédéral, Nina Maeder offre sans regret deux de ses cinq semaines de vacances. «Le scoutisme et mon travail de médecin sont deux de mes passions. Au camp fédéral, je peux les combiner parfai-tement.» Et elle aura, en outre, un aperçu de l’organisation d’un hôpital sous une tente. «Peut-être que ces connaissances me seront utiles un jour lors d’une mission à l’étranger.»

Olivia Fascati, Pfadi Mitglied und Teilnehmerin am Bundeslager

Olivia Fasciati, 8ans. Nom scout: recevra probablement son nom au camp fédéral. Mission au camp fédéral: participante chez les louveteaux (de 7 à 11 ans). Plat préféré chez les scouts: les bananes au chocolat.

«Je suis scoute depuis deux ans, mais à cause du coronavirus, nous n’avons jamais fait de camp. Le camp fédéral est mon premier. Nous y dormirons une semaine dans une grande tente. Ce n’est pas nouveau pour moi, puisque nous faisons du camping en famille chaque été. Et avant le camp fédéral, nous avons encore un week-end avec les scouts, je pourrai donc déjà passer une nuit sous tente avec eux. Je prends mon doudou avec moi pour me rassurer. C’est un lapin en peluche qui dort toujours avec moi depuis ma naissance. Il ne doit pas non plus manquer au camp fédéral. Ce dont je me réjouis le plus, c’est le baptême au cours duquel mes deux amies et moi devrions enfin recevoir un nom scout.»

Mattis Lohri, Pfadimitglied der Pfadi St. MIchael aus Luzern und Teilnehmer am Bundeslager in Goms VS

Mattis Lohri, 8 ans. Nom scout: Nikan. Mission au camp fédéral: participant chez les louveteaux (de 7 à 11 ans). Repas préféré chez les scouts: le déjeuner.

Mattis Lohri, depuis quand es-tu scout?
Depuis trois ans. J’étais déjà chez les castors, les plus jeunes scouts. Mes parents m’y avaient envoyé une fois et j’ai adoré.

Tu as déjà un nom scout? 
Je m’appelle Nikan, c’est un mot indien qui signifie «bon ami».

Qu’est-ce que tu préfères faire chez les scouts?
Ce que je préfère, c’est être -dehors pour «fighter». Par exemple, j’aime bien jouer aux bouledogues: deux bouledogues (enfants) se battent contre le reste. Les deux bouledogues soulèvent un enfant, crient «1, 2, 3, bouledogue» et l’enfant devient alors lui aussi un bouledogue. Celui qui reste à la fin a gagné. 

Quel est ton repas scout préféré?
Le déjeuner est mon repas préféré. Et les Fräss-päckli, des paquets gourmands plein de friandises que les parents nous envoient à chaque fois.

Combien de temps vas-tu au camp fédéral?
Je vais au camp avec les louveteaux pendant une semaine.

Qu’est-ce qui te réjouit le plus?
Je n’ai encore jamais campé dans un camp scout, c’est la première fois et je me réjouis donc particulièrement de camper. Et plus généralement, de la vie du camp.

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Seraina Schwizer, 33 ans. Nom scout: Kolibri. Mission au camp fédéral: responsable du camp principal. Chez les scouts depuis: «Quand j’avais 7 ans, il y a eu une journée d’initiation. Cela m’a tellement plu que je n’ai pas arrêté jusqu’à aujourd’hui.»

Seraina Schwizer, vous êtes l’une des coresponsables du camp fédéral. Comment se passe cette mission?
Je partage avec trois autres personnes un poste qu’on pourrait comparer à celui d’un PDG dans une grande entreprise. Notre organisation se compose de six cents bénévoles dont je coordonne et accompagne le travail. De plus, je suis responsable du budget, des contrats avec les partenaires ou encore de l’achat de tentes ou de bois.

Faites-vous tout cela bénévolement?
En partie. La majeure partie du travail est bénévole. Pour le reste, nous sommes trois coresponsables de camp à partager un temps partiel, ce qui nous a permis de réduire notre «autre» travail. En parallèle, j’exerce le métier d’urbaniste. 

De combien d’heures de travail parle-t-on?
Au début, la charge de travail était d’environ vingt à trente heures par semaine. Maintenant, juste avant le camp, elle est sûrement de quarante à cinquante heures par semaine. J’ai une réunion tous les soirs et, le week-end, j’ai souvent des sessions de planification toute la journée. 

Pourquoi consacrer -autant de temps à cette mission?
Je me pose parfois la même question! Mais c’est un grand plaisir de mettre sur pied un événement d’une telle envergure avec des anciens et des nouveaux amis. Et j’apprends énormément. Nous avons dû discuter de la sécurité d’un transport de fonds, de l’installation d’un poste de transformation et je suis responsable d’un budget de 25 millions de francs. Je ne sais pas quel autre travail m’aurait permis d’apprendre tout cela.

Quel est votre plus grand souci concernant le camp fédéral?
La météo, un élément que nous ne pouvons malheureusement pas contrôler.

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