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Pratique

Guide de survie aux repas de fête

Un ou deux Noëls en famille et, en point d’orgue, la nuit de la Saint-Sylvestre entre amis. En cette période, les occasions de manger et boire plus que de raison se multiplient. Petit guide pour éviter les principaux pièges.

Texte Thomas Piffaretti
Date
Photo of a homosexual couple with their family during dinner, while celebrating Christmas Eve at home

Savoir se faire plaisir, tout en respectant certaines limites, est le mot d'ordre pour enchaîner les repas de fin d'année. (Photo: Getty Images)

C’est un classique. À partir de mi-décembre, votre calendrier se remplit d’invitations qu’il est parfois compliqué de décliner. Et qui augurent de soirées où les plats risquent de s’enchaîner et les verres d’alcool de s’enquiller. Pas idéal sur le plan de l’hygiène alimentaire. Mais pas de panique! «Vous avez le droit de vous faire plaisir», rassure Séverine Chédel, diététicienne HES.

Savoir prendre du plaisir est d’ailleurs l’une des clés pour traverser cette période sans trop culpabiliser, tout en esquivant une partie des kilos superflus, ajoute la spécialiste. «En profitant de déguster, on arrive généralement mieux à gérer la quantité. L’interdit attire: s’empêcher de goûter à un plat est le meilleur moyen d’en manger finalement trois fois trop.» Écouter son corps et éviter de jouer les prolongations complètent le podium de ces bons plans.

Se préparer comme un champion

Apéro, deux entrées, le plat, un dessert, voire le fromage entre deux. Et tout ça potentiellement plusieurs fois dans la semaine. Généralement, nous ne sommes pas habitués à consommer autant de nourriture en si peu de temps. Ainsi, aborder un repas de fête demande un peu de préparation au niveau mental. Il faut être conscient que si l’on souhaite pouvoir goûter à tous les plats, il faudra tenir sur la longueur. «Il faut apprendre à déguster, à ne pas se jeter sur les petits fours. Sinon vous risquerez d’être repu après l’entrée», prévient Séverine Chédel. Évitez aussi la tranche de pain entre les plats.

Ne pas confondre satiété et trop-plein

Pour ne pas se sentir mal à l’issue d’un repas, tout est question de quantité. C’est d’ailleurs la seule variable que vous maîtrisez pleinement quand vous mangez à l’extérieur. Pour aider à limiter votre consommation, Séverine Chédel a ses recettes: manger lentement, prendre le temps de bien mastiquer, éviter de se resservir. Si vous vous sentez mal à la fin du repas, que vous devez desserrer votre ceinture, c’est que vous êtes allé trop loin. Une mauvaise expérience, mais qui pourra vous permettre de mieux cerner vos limites et ne pas commettre la même erreur au prochain repas.

Ne pas s'obliger à goûter à tout

À moins que l’on ait des restrictions alimentaires, pour des raisons de maladie, d’allergie ou de régime spécifique, on peut manger de tout. Néanmoins, les aliments gras restent plus compliqués à digérer. Même si on a l’habitude d’en consommer. Car entre le saumon fumé, le foie gras et le pâté en croûte, ils se succèdent à un rythme plus élevé qu’à l’accoutumée. Là encore, tout est question de quantité. Il n’y pas de règle, explique Séverine Chédel, chaque personne a son propre métabolisme. Il faut surtout écouter son corps. Et n’ayez pas peur de manquer, vous aurez toujours l’occasion de regoûter au vacherin à une prochaine occasion.

Faire un peu d'exercice

Il est parfois compliqué de jauger son état de satiété en étant assis. Et ce n’est qu’au moment de quitter le restaurant que la sensation nous prend. Se lever, entre le plat et le fromage par exemple, permet de mieux cerner comment notre appareil digestif se sent. De même, la traditionnelle promenade au grand air frais après le repas possède de réelles vertus digestives. Et si vous pratiquez du sport régulièrement, essayez de conserver vos habitudes, même si vous devez réduire la charge de votre entraînement.

Mollo sur l'alcool

Pour beaucoup, boire un verre d’alcool ou deux participe au plaisir d’un repas de fête. Mais il faut garder en tête ses limites, d’autant que l’alcool, très calorique, surcharge la digestion. Ainsi, n’hésitez pas à pratiquer la tactique d’un verre d’eau pour un verre de vin. Elle permet généralement de réduire mécaniquement la consommation. L’organisation mondiale de la santé recommande de ne pas dépasser dix doses d’alcool par semaine et d’observer des jours de jeûne. Et évidemment, en cas de doute, ne prenez pas la route.

Contrebalancer

Entre deux festins, le conseil de Séverine Chédel est de compenser les aliments que l’on n’aurait pas beaucoup consommé. Après un trop-plein de viande et de formage, n’hésitez pas à revenir à des légumes, des farineux ou autres afin d’équilibrer votre alimentation sur plusieurs jours. «Le corps à un système d’autorégulation qui nous pousse de toute manière à aller vers d’autres plats. Après une fondue, on n’a normalement pas envie d’une raclette», image la diététicienne.

Revenir à ses habitudes

A la fin de votre marathon des Fêtes, ne poursuivez pas sur le même rythme. Il n’est pas nécessaire de tomber dans l’extrême inverse, en s’imposant un jeûne par exemple. «Surtout ne pas trop se restreindre pour craquer encore plus après», insiste Séverine Chédel. Il n’y a pas non plus d’aliment miracle qui accélèrerait la détoxification du corps. Il faut lui laisser le temps de se réajuster. Normalement, en reprenant son alimentation habituelle, variée, il retrouvera son rythme. Et en quelques semaines il est possible de se débarrasser des deux kilos pris en décembre.

Notre experte

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(Photo: DR)

 

Séverine Chédel est diététicienne HES et membre de l’association faîtière suisse ASDD. Elle exerce dans son cabinet de Neuchâtel, Espace Nutrition.

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