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Un homme est assis devant un ordinateur portable et tient un téléphone portable à la main. Au-dessus de lui, une visualisation d'un chatbot IA.

Sécurité en ligne

Quand l’IA surfe sur le Net à notre place

Conçus pour simplifier les recherches en ligne et décharger leurs utilisateurs de nombreuses tâches, les navigateurs agentiques débarquent sur le marché, mais leur usage n’est pas sans risques.

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Pierre Wuthrich
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Getty Images
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Story

Qu’est-ce qu’un navigateur agentique?

Il s’agit d’un navigateur web dopé à l’intelligence artificielle (IA). «À la différence des ­navigateurs classiques qui se contentent de chercher des ­informations sur internet et de les lister, ces browsers vont plus loin et agissent comme des assistants personnels qui travaillent de manière autonome pour le compte de l’utilisateur», explique Marcel Waldvogel, expert en sécurité informatique à Migros.


Concrètement, que peuvent faire les navigateurs agentiques?

Ils peuvent effectuer seuls des achats et, par exemple, réserver des vacances à la neige après avoir comparé différents hôtels. Ils sont aussi capables de fixer des rendez-vous ainsi que de consulter et d’écrire des courriels. Pour cela, l’utilisateur doit leur fournir les données de sa carte de crédit et ses accès à sa boîte e-mail, à son calendrier et à sa boutique en ligne préférée.


Où les trouver et ­combien ça coûte?

Tous les grands acteurs de l’IA développent leur propre navi­gateur. OpenAI a lancé ChatGPT Atlas et Perplexity a sorti ­Comet. Les géants du numérique ne sont pas en reste: Google mise sur Gemini et Microsoft travaille sans cesse à de nouvelles versions d’Edge. Enfin, on trouve aussi des ­nouveaux venus comme Fellou. Pour bénéficier de cette technologie, il suffit de télécharger les navigateurs ou d’installer une extension. Souvent, l’utilisateur doit ensuite souscrire un abonnement coûtant une vingtaine de francs par mois.


Quels sont les dangers potentiels?

L’IA a parfois des hallucinations et est susceptible de fournir des informations plausibles, mais fausses. Sur cette base, l’agent IA pourra effectuer des transactions qui vont s’avérer indésirables. De plus, des pages web peuvent être construites de ­façon à tromper l’agent IA et l’inviter à télécharger – sans que l’utilisateur le veuille et le sache – un logiciel malveillant. Elles sont également capables de le pousser à publier des posts inappropriés, dont l’utilisateur sera tenu pour responsable. «Il existe aussi un risque de manipulation de la part des fabricants de navigateurs qui doivent absolument trouver des sources de revenus pour financer leurs activités. Des placements de produits dans les navigateurs seront bientôt possibles, et les agents IA pourraient facilement être incités à se procurer des habits de la marque qui a justement acheté un espace publicitaire plutôt que d’une autre», fait remarquer Marcel Waldvogel.


Peut-on réduire les risques?

«Je recommande pour l’instant de se contenter des services de recherche basés sur l’IA comme ChatGPT et de ne pas encore passer en mode agentique. De cette manière, l’utilisateur garde le contrôle de ses activités», conclut l’expert en sécurité informatique.

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