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Azra Saliu, apprentie assistante du commerce de détail AFP

Monde du Travail

Les apprentis prennent les commandes

Des jeunes en formation qui gèrent seuls des magasins? Ça existe à Migros. Une plus-value tant pour leur carrière que pour leur développement personnel.

Texte
Pierre Wuthrich
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Jeremy Bierer
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Nos actions

Un simple apprentissage à Migros peut se transformer en une expérience formatrice mémorable. Notamment quand les jeunes reçoivent les clefs d’un magasin et doivent assurer seuls son bon fonctionnement, de l’ouverture à la fermeture. Reprenant les fonctions de gérant, d’adjoint, de vendeurs et de caissiers, les apprentis doivent apprendre à s’organiser entre eux, à gérer les situations de stress et à assumer des responsabilités.

«Il faut également qu’ils prennent des initiatives. Nous ne leur disons plus ce qu’ils ont à faire. Ils doivent voir les problèmes et les résoudre. C’est extrêmement formateur», précise Gulten Ramadanoska, 27 ans, gérante du magasin Le Ritz à Sion et qui a elle-même participé il y a dix ans à ce projet baptisé «Gère ton magasin» à Migros Valais.

Au sein du groupe Migros, de tels programmes sont également proposés à Migros Aar, Migros Suisse orientale, Denner et, depuis cette année, à Migros Vaud. «Il est important d’offrir à ces jeunes un environnement de travail dans lequel ils peuvent apprendre à devenir autonomes. En montrant que nous leur faisons confiance, ils prennent confiance en eux», résume Jérôme Albasini. Responsable de la formation professionnelle à Migros Valais, il a décidé d’élargir cette année le concept qui existe depuis 2015 dans la coopérative: «Outre des apprentis du secteur de la vente, nous souhaitons mettre en lumière des métiers de l’ombre qui sont ­essentiels à la bonne marche de Migros.»

Ainsi, trois employés de commerce, un logisticien, un conducteur de véhicules lourds et un polydesigner 3D, tous apprentis et volontaires, ont rejoint les seize apprentis gestionnaires du commerce de détail et ­assistants du commerce de détail qui ont pris le contrôle du magasin Le Ritz à Sion durant trois semaines.

En montrant aux apprentis que nous leur faisons confiance, ils prennent confiance en eux.

Jérôme Albasini, responsable de la formation professionnelle à Migros Valais

Gulten Ramadanoska est alors restée en retrait et s’est souvenue avec bonheur de ces semaines où elle avait officié en tant qu’apprentie gérante: «Après cette expérience, il a été clair que je devais me donner tous les moyens pour devenir gérante.» Un booster de motivation qui donne des résultats. «Tous les apprentis qui ont participé à notre programme occupent aujourd’hui des postes à responsabilité à Migros», confie Jérôme Albasini.


Azra Saliu, apprentie assistante du commerce de détail AFP

Avant son passage au magasin Migros Le Ritz, Azra Saliu, 18 ans, n’avait encore jamais commandé d’articles pour réapprovisionner les étals d’un magasin. Dans le grand supermarché de Conthey où la jeune femme fait son apprentissage, la tâche revient au chef de rayon: «À Sion, j’ai géré seule le stock des produits laitiers. Cela signifie que je m’occupais du réassort, vérifiais les dates de péremption et commandais ce dont j’avais besoin à notre centrale de Martigny. J’ai beaucoup aimé cette responsabilité.»

Et tant pis s’il y a eu quelques couacs les premiers jours. «Un matin, j’ai reçu des œufs en vrac alors que nous ne les vendons pas à la pièce dans ce magasin. J’ai donc dû trouver une solution. J’ai appelé un autre supermarché qui a accepté de les reprendre et j’ai organisé leur transport. Au final, tout s’est bien terminé», raconte-t-elle. Au terme des trois semaines durant lesquelles elle dit s’être ouverte à autrui, Azra Saliu n’a eu qu’un seul regret: que le projet ne dure pas plus longtemps.

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Nicolas Oberson, apprenti employé de commerce CFC

Marketing, comptabilité, ressources humaines: durant son apprentissage, Nicolas Oberson, 28 ans, doit changer de département tous les six mois. «J’ai beaucoup aimé mon passage au marketing. Je ne savais pas que la vente pouvait être si passionnante», dit-il. Le jeune homme a très vite su imaginer des animations pour le supermarché: «Nous avons par exemple organisé un concours où les participants devaient deviner le prix d’un panier rempli de produits. Et nous avons mis en place des dégustations en mettant en concurrence un article Migros et un article de marque.»

Présent tous les après-midis à Sion, Nicolas Oberson n’a pas hésité à vanter les produits du distributeur. «Durant ces trois semaines, j’ai réalisé à quel point j’aimais être en contact avec les clients et m’adapter à eux. Ici, on trouve des écoliers, mais aussi des habitués plutôt âgés», indique-t-il. Pour le jeune homme, ces échanges ont également été l’occasion de partager son enthousiasme pour ce programme, qui constitue à ses yeux une chance unique de mettre en pratique ses connaissances du métier. «Ce serait un beau challenge de devoir gérer un magasin encore plus grand», conclut-il.


Batiste Gilliard, apprenti polydesigner 3D CFC

À la centrale de Migros Valais à Martigny, Batiste Gilliard, 20 ans, se forme au métier de polydesigner 3D, le nouveau nom donné à la profession de décorateur. C’est à lui que l’on doit les décors et la signalétique que l’on voit dans les supermarchés. «Je m’occupe de leur conception, mais aussi de leur impression et de leur pose dans tous les magasins du Valais», précise-t-il. Pour le projet du supermarché à Sion, le Vaudois d’origine a apprécié de pouvoir travailler avec d’autres départements, notamment les apprentis employés de commerce: «C’était très enrichissant. Ils sont venus vers moi avec leurs idées d’animation du supermarché et j’ai donné vie à leur projet. J’ai pu choisir les formats et les coloris, que je voulais tendance afin de séduire les jeunes.»

Il a ainsi, entre autres, conçu la borne dotée d’une vitrine derrière laquelle était placé le panier de produits dont il fallait deviner le prix. Évidemment, l’apprenti a aussi dû tenir compte de quelques impératifs. «Mes créations devaient être pensées en fonction de la taille du magasin et de manière à ne pas entraver la circulation des clients, explique-t-il. Par ailleurs, une bonne planification a été nécessaire afin que tout soit prêt à temps.»


Raphaël Gander, apprenti logisticien CFC

C’est dans un local dont la température est de 5-6 degrés que les logisticiens travaillent. Toute l’année. «Cela ne me dérange pas, car le métier me plaît. On est relativement autonomes», résume Raphaël Gander, 24 ans. À l’aide de son transpalette électrique, l’apprenti sillonne avec aisance la grande halle des fruits et légumes de la centrale de Martigny afin de préparer les commandes qui partiront le lendemain matin dans la trentaine de magasins de la coopérative: «Il faut être concentré et toujours contrôler que le nombre de caisses que l’on réunit pour le chargement dans les camions corresponde exactement à la commande.»

Durant le projet «Gère ton magasin», c’est un autre jeune, apprenti conducteur de véhicules lourds, qui a assuré les livraisons à Sion. Aucun retard ni aucune panne n’ont été signalés, preuve que ces maillons essentiels ont pleinement assuré leur rôle.

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