Monsieur à la caisse

Caisse à bavardage

Un brin de causette à Migros

Le supermarché Migros Gundelitor de Bâle est désormais doté d’une «caisse à bavardage», où la clientèle peut discuter. Cette offre unique en Suisse est très appréciée.

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Michael West
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Depuis octobre, à l’une des caisses du magasin Migros Gundelitor situé non loin de la gare centrale de Bâle, on reçoit bien plus que de la monnaie, des points Cumulus et un ticket de caisse. Le mardi matin et le jeudi après-midi, du personnel expérimenté y passe du temps pour discuter plus longtemps que d’habitude.

Parmi ces employé-es, il y a Saut Sirait, membre de l’équipe de ce magasin de quar-tier Migros depuis 38 ans. «La ‘caisse à bavardage’ a eu beaucoup de succès dès le départ», explique-t-il. «En particulier auprès des personnes d’âge mûr. Mais il arrive aussi qu’une jeune maman entame la conversation parce qu’elle a besoin de souffler et que ça lui fait du bien de parler à un adulte pour changer.»

Une offre similaire dans deux autres pays

Le concept des «caisses à bavardage» est relativement récent en Europe. Seuls deux détaillants proposent quelque chose de comparable, en France et aux Pays-Bas, avec les «Blabla Caisses» et les «Kletskassa».

La «caisse à bavardage» de Migros est un projet de l’association Gsünder Basel, avec le soutien de la coopérative Migros de Bâle et du Pour-cent culturel Migros. Deux bé-névoles de l’association, également présents sur place, participent aux discussions et parlent d’autres initiatives du quartier afin de favoriser les contacts sociaux.

La «caisse à bavardage» vise à faciliter les échanges et à lutter contre la solitude au quotidien. En effet, l’isolement est un problème largement répandu en Suisse: si on en croit une enquête réalisée en 2017 par l’Office fédéral de la statistique, une per-sonne sur trois se sent seule, de manière fréquente ou occasionnelle.

Ce qu’en pense la clientèle:

Avec la personne de la caisse, je parle par exemple de l’assortiment Migros: les produits que j’apprécie particulièrement et les nouveautés qui pourraient voir le jour.

Carlo Benne (83 ans), chef d’entreprise à la retraite, Bâle

C’est bien qu’il y ait une «caisse à bavardage» chez Migros parce que de nombreuses personnes âgées se sentent seules, et cela s’est aggravé avec le Covid.

Heidi Haas (78 ans), secrétaire médicale à la retraite, Bâle

J’aime le fait de pouvoir rester un peu à cette caisse, même si je ne parle que de la pluie et du beau temps.

Stefan Frey (45 ans), spécialiste en brochage d’imprimés, Bâle

En tant que cliente, c’est agréable de s’entendre demander comment on se porte, d’autant plus quand cela vient du cœur et que ce n’est pas juste une formule de politesse.

Ruzica Cvijetic (28 ans), coiffeuse, Binningen (BL)

Depuis que la «caisse à bavardage» existe, je viens faire mes courses exprès le mardi matin. Ça me fait du bien de parler un peu.

Alekko Sinniger (70 ans), spécialiste informatique, Bâle

Photos: Jorma Müller