
Pour-cent culturel Migros
Dibby, le rappeur gay qui casse les codes
Avec son rap queer, Dibby trace sa voie dans un monde du hip-hop qui s’ouvre timidement aux différences.
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Veronica Fusaro représentera la Suisse à l’Eurovision avec «Alice», un titre qui dénonce la violence envers les femmes. Un choix audacieux que l’artiste compte bien relever en imposant sa voix.
Veronica Fusaro, l’Eurovision juge et compare des chansons qui ne sont en soi pas comparables. N’est-ce pas absurde?
C’est vrai que cela peut paraître étrange de mettre la musique ainsi en concurrence, mais j’aime l’idée d’avoir une plateforme comme l’Eurovision qui invite différents pays à se produire. Cela permet de découvrir des artistes que l’on n’aurait pas connus autrement.
Les artistes ne sont pas les seuls à être en compétition, les pays aussi se confrontent les uns aux autres. Vous sentez-vous suffisamment suisse pour cela?
Je pense qu’il ne faut pas prendre tout cela trop au sérieux, mais oui je suis fière de représenter la Suisse et oui je me sens très suisse. J’ai grandi dans une famille multiculturelle avec un père italien et une mère suisse. Pour moi, ce multiculturalisme fait pleinement partie de notre pays. Et puis, je suis ponctuelle, très organisée et précise dans mon travail. Cela me permet d’atteindre les buts que je me suis fixés.
Votre chanson parle de la violence faite aux femmes. Est-ce quelque chose que vous avez personnellement vécu?
À part quelques remarques entendues dans la rue, j’ai eu la chance de ne pas y avoir été confrontée. Mais c’est un sujet qui me touche beaucoup en tant que femme. Et c’est un sujet qui doit concerner toute la société.
Qui est «Alice», la fille de la chanson?
Cela peut être toutes les femmes: une sœur, une amie, une cousine. On a choisi ce prénom en référence à Alice au pays des merveilles. Le titre commence ainsi de manière joyeuse, puis viennent les premiers riffs rock de guitare, et là on se dit qu’il y a quelque chose qui cloche.
Si Alice est toutes les femmes. Est-ce à dire que tous les hommes sont des salauds?
Dans la chanson, Alice ne parle pas, et l’on ne sait pas qui est l’agresseur. Nous voulions laisser ce point ouvert. Ce peut être un homme, une femme, la société.
L’Eurovision est une compétition souvent kitsch et légère. Or, vous venez avec un message lourd. Comment allez-vous le faire passer?
En tant qu’artiste, je ne suis pas là pour expliquer le sujet, mais pour toucher les gens avec mon interprétation. Pour cela, on a imaginé une mise en scène qui souligne le message. Je ne peux encore rien dire, à part que je serai sur scène avec ma guitare. Je trouve cependant important que chacun puisse voir sa propre histoire dans cette chanson, qui doit devenir une maison pour tout le monde.
Alice, la fille de ma chanson, peut représenter toutes les femmes. Cela peut être une sœur, une amie, une cousine.
Vous ne figurez pas parmi les grands favoris. Comment le vivez-vous?
Cela ne me stresse pas. Vous savez, je viens de Thoune où le club de foot était en deuxième ligue la saison dernière. Aujourd’hui, ils sont les premiers du classement de la Super League. Tout le monde est étonné, et je prends cela comme un modèle à suivre.
En 2016, vous avez gagné la Demotape Clinic, le concours de talents organisé par le Pour-cent culturel Migros, alors que vous aviez 18 ans. Comment avez-vous vécu cette subite mise en lumière?
Je me souviens que j’y suis allée avec ma mère et mon petit frère sans rien connaître à l’industrie musicale et nous sommes ensuite rentrés à la maison en train avec le prix dans un sac… Sur le moment, je ne me suis pas rendu compte à quel point ce prix allait changer ma vie.
Que vous a-t-il réellement apporté?
La radio a commencé à passer mes chansons et j’ai pu donner des concerts. J’ai aussi rencontré mon manager avec qui je travaille encore aujourd’hui durant le concours. La Demotape Clinic a été un vrai tremplin. Vous savez, je crois beaucoup aux cycles et aujourd’hui, dix ans plus tard, je crois que l’Eurovision sera mon prochain tremplin.
Comment l’industrie musicale a-t-elle évolué en dix ans?
Sur scène, beaucoup de superstars sont des femmes aujourd’hui. Beyoncé, Lady Gaga ou Taylor Swift sont de vraies cheffes d’entreprise qui emploient des dizaines de personnes. Dans les coulisses, on a cependant encore beaucoup d’hommes. Ce peut être un manager, un ingénieur son, un organisateur de tournées. Beaucoup de ces professions ne s’ouvrent encore que peu aux femmes.
Les artistes femmes sont-elles plus respectées aujourd’hui qu’il y a dix ans?
Ce n’est pas une question de respect. Elles ont trouvé leur place, car elles ont un très bon niveau musical. Aujourd’hui, beaucoup de newcomers sont des femmes, et cela me réjouit beaucoup.
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