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Prise de vue aérienne d'une ville avec des jardins sur les toits durables et des bâtiments végétalisés, intégrés dans une architecture historique.

Fonds pionnier Migros

L’habitat de demain se dessine aujourd’hui

Comment voulons-nous vivre à l’avenir en Suisse? Telle est la question que place le Fonds pionnier Migros au centre de ses réflexions. Un sondage et quatre scénarios apportent les premières réponses.

Texte
Pierre Wuthrich
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2erpack Identity, Behruz Tschaitschian & Veronika Kieneke
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Il est un fait indéniable: la Suisse croît. Alors que notre pays comptait 7,3 millions d’habitants en 2000, on en recense aujour­d’hui plus de 9 millions. Et selon le scénario de référence de l’Office fédéral de la sta­tistique, nous serons 10,4 millions en 2050, soit une hausse de plus de 40% en un demi-siècle. Sachant que le territoire a, lui, une surface limitée et que ce sont les ménages d’une ou de deux personnes qui se développent le plus rapidement, il est essentiel d’anticiper le futur et de réfléchir aujour­d’hui à l’habitat de demain.

«Nous devons trouver des solutions quant à notre manière d’habiter et de vivre ensemble qui ne compromettent pas la ­qualité de vie. Ce n’est qu’ainsi que les changements seront acceptés par la population», précise Britta Friedrich, responsable du Fonds pionnier Migros.

Dans cette optique, le Fonds pionnier Migros a élaboré quatre scénarios d’avenir qui condensent les tendances actuelles de la recherche. Il a ensuite chargé le Gottlieb Duttweiler Institut (GDI) de mener un ­sondage représentatif* afin de connaître l’avis de la population suisse sur les mesures envisageables pour faire face à la croissance démographique. Ce vaste état des lieux sert aujourd’hui de base à un grand appel à ­projets via lequel le Fonds pionnier Migros cherche des idées pour l’habitat du futur.

Parmi les principaux résultats, il est ­réjouissant de constater que les deux tiers des sondés se disent globalement satisfaits de leur situation actuelle en matière de ­logement. Cela s’explique avant tout par le fait qu’ils estiment disposer d’un espace ­suffisant, apprécient le voisinage et jugent positif d’avoir un logement sur le long terme. En parallèle, trois quarts des participants au sondage reconnaissent la nécessité d’adapter leur habitat en fonction de la croissance démographique.


Des villes plus denses

Le scénario «Compact et régénératif», qui plaît à 21% des sondés, prévoit une densi­fication des villes qui croissent uniquement de l’intérieur. Par conséquent, davantage de personnes sont amenées à vivre sur une même surface. Pour 80% des gens consultés, la densification est une bonne ou partiellement bonne mesure contre la pénurie de logements. Mais attention, selon les personnes interrogées – citadins compris – cette concentration doit se faire dans les villes et les agglomérations et non en zone rurale.

Cette densification peut prendre plusieurs formes: une surélévation des maisons existantes ou la construction d’immeubles plus hauts. Ces deux mesures sont acceptées chacune à 50%. La transformation de bureaux en logements est par ailleurs considérée favorablement par deux tiers des sondés. «Ce fort pourcentage découle notamment de ce qu’il s’agit d’une mesure qui n’affecte pas directement les sondés. Sa mise en œuvre ne semble donc pas poser de problème», analyse Jakub Samochowiec, ­chercheur au GDI et auteur du sondage.


Un réseau de petits centres urbains

Le scénario «Polycentrique et relié» est l’option qui rencontre la plus grande adhésion des sondés, avec 33% d’opinion favorable. Il prévoit le développement de petits centres urbains interconnectés à travers tout le pays. Leurs habitants ont ainsi l’avantage d’être en ville, tout en étant proches de la nature. Pour les sondés, les grands centres urbains perdent en effet en attractivité. Près de 60% des citadins souhaitent déménager dans les dix ans dans une plus petite ville, et près de 40% disent vouloir aller habiter à la campagne.

D’une manière générale, la satisfaction qu’ont les sondés de leur logement dépend davantage de la proximité d’espaces propices à la détente que d’une bonne connexion avec les transports publics et d’un faible temps passé à penduler. Que ce scénario prévoie la multiplication des lieux de coworking et le développement du travail à distance ne joue qu’un faible rôle dans son appréciation, contrairement à la création de zones récréatives de proximité.

Quartier urbain avec des espaces verts, un petit canal, des passerelles piétonnes et des bâtiments modernes. Les gens profitent des espaces communautaires et de la nature.
Le scénario «Polycentrique et relié» est celui des petits centres urbains interconnectés. © 2erpack Identity, Behruz Tschaitschian & Veronika Kieneke

Des grandes métropoles, oui, mais vertes

Le scénario «Supercities avec ceintures vertes» convainc un quart des sondés. Ici, quatre espaces métropolitains (Zurich, Bâle, Berne et la région lémanique) concentrent le développement démographique. Entre ces vastes zones urbaines, des zones tampons vertes permettent aux habitants de se ressourcer.

Pour plus de la moitié des sondés, il est important que l’urbanisation s’accompagne d’une valorisation des espaces verts et des zones naturelles. «Un gain qualitatif est ­nécessaire. Outre davantage de verdure, cela peut être des constructions plus durables et un environnement qui est mieux mis en valeur», précise Jakub Samochowiec.

Paysage pittoresque avec des maisons en bois durables, intégrées dans un environnement verdoyant. En arrière-plan, une skyline moderne et des montagnes.
Le scénario «Supercities avec ceintures vertes» prévoit de vastes zones urbaines entre lesquelles se trouvent des zones tampons vertes. © 2erpack Identity, Behruz Tschaitschian & Veronika Kieneke

Un pays agile

Le quatrième scénario, «Habitat en mouvement – La Suisse mobile», imagine un pays dans lequel l’agilité est le maître mot. Les habitants déménagent et échangent leur appartement fréquemment, en fonction de leurs besoins à tel ou tel moment de leur existence. En parallèle, des outils numériques aident par exemple des seniors à trouver un étudiant pour partager temporairement leur appartement devenu trop grand. Ce scénario semble un peu trop futuriste et convainc le moins les sondés (20%), qui attachent une grande importance à leur confort et à leur intimité. Seules 15% des personnes interrogées seraient prêtes à ­réduire leur propre logement au profit d’espaces communautaires. «Même une majorité des moins de 30 ans se voit bien rester dans le même appartement. Déménager réguliè­rement ne semble donc pas convenir aux Suisses», détaille Jakub Samochowiec.

*Sondage réalisé en ligne auprès de plus de deux mille personnes de toute la Suisse.

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